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Archives 2010

Sous-domaine(s) perso et adresse IP dynamique

Rédigé par -Fred- / 18 décembre 2010 /

Dans ce qui suit, un truc connu et bien documenté. Ça ne m'a pas pourtant empêché de passer à côté durant plusieurs mois.

Comment faire pointer un ou plusieurs sous-domaines sur une machine en IP publique dynamique ? J'ai longtemps pensé que ce n'était pas possible, simplement du moins. Ça n'a finalement rien de compliqué puisqu'il suffit de faire pointer son ou ses sous-domaines vers son adresse dyndns. Sur le coup, j'ai eu honte mais bon, on apprend tout les jours !

Dans le cas du blog où vous vous trouvez, cela donne :
blog 10800 IN CNAME marine-et-fred.homeftp.net.
(à ajouter à la configuration du serveur dns)

Même topo pour mon serveur mail :
@ 10800 IN MX 10 marine-et-fred.homeftp.net.
Là aussi ça fonctionne bien (à condition de ne pas oublier d'ajouter son domaine à la configuration de votre serveur smtp).

Je ne suis peut être pas le seul à être ainsi passé à côté :p .

"... Trop compliqué et ça ne reconnait rien ! ..." Et alors ?

Rédigé par -Fred- / 09 décembre 2010 /

À l'origine, plusieurs sujets m'ont fait réagir :

Le premier sur generation-linux.fr : "Ubuntu c'est trop compliqué et ça ne reconnait absolument rien, ne l'installez surtout pas !"
Ça parle de Ubuntu (et par extension de GNU/Linux en général) et ce sont les propos d'un dépanneur de PC qui sont rapportés ainsi.

( Note : au fil des discussions, c'est à ce post que j'ai réagis mais à la limite, ça reste valable pour le sujet de départ)

Si je synthétise ce que j'ai compris du sujet de départ donc, l'idée du professionnel en question est que la complexité (ndr : apparente) de GNU/Linux et ses (ndr : quelques) défauts de prise en charge matérielle en font un système de m**** réservé à quelques étudiants ou autres geeks informatique. Point barre, pas plus de réflexion.

Un libriste voudra sans doute dire à ce monsieur qu'il se trompe lourdement et qu'à l'avenir, il ferait mieux de s'y intéresser avant d'en reparler (non mais !). Là, on reste sur le même terrain en parlant des qualités techniques des logiciels. Je ne me fais pas d'illusions. Sur certains points il reste du travail mais plus il y aura d'utilisateurs, moins on rencontrera par exemple de différence de traitement entre les OS proprios et les OS libres de la part des fabricants de matériels. C'est d'ailleurs ce qui se produit aujourd'hui. Ceux qui se sont intéressé à GNU/Linux il y a quelques années peuvent mesurer le chemin parcouru.

Un autre sujet sur macgénération m'a fait réagir mais pour une raison un peu différente. Quel intérêt en effet d'installer GNU/Linux tout seul sur un Mac à la place de Mac OS X ? Là encore à priori, l'idée fait sourire tellement le système d'Apple marche bien. De plus, Apple ayant la main à la fois sur la partie logiciel et sur la partie matérielle de ses machines, il y a fort à parier qu'installer un autre système (qui plus est libre) puisse poser quelques problèmes. Plus de problème en tout cas qu'une réinstallation de Mac OS X.

Pour avoir installé Ubuntu sur mon mac mini de 2009, c'est une chose que je confirme. Rien d'insoluble ni de très compliqué mais il faut prendre le temps de résoudre quelques petits bugs avant de pouvoir utiliser pleinement sa machine.

Alors ? "... Trop compliqué et ça ne reconnait rien ! ... "

Dans les deux cas, je ne peux m'empêcher de penser que pour certains, adopter ou non des logiciels libres est un choix qui se fait uniquement sur des critères techniques. Alors effectivement, entre une solution proprio clé en main et une solution libre peut être plus complexe à mettre en œuvre (ou ayant cette réputation), le choix est parfois rapide. Choisir les logiciels libres peut alors sembler absurde au premier abord.

D'un point de vue personnel, et c'est là que je veux en venir, les quelques désagréments causés par le passage à un système libre sont selon moi un faible prix à payer comparé aux avantages que l'on peux en retirer. Les quatre libertés fondamentales qui caractérisent les logiciels libres sont une avancée bien plus importante que n'importe quel programme. J'ai ainsi cessé d'utiliser certains logiciels lorsque je suis passé au libre sur ma machine de bureau. On a rien sans rien et il faut parfois savoir perdre un peu pour gagner beaucoup.

Afin de nuancer mes propos, j'ajoute que je ne suis pas un chevalier blanc en la matière et que j'ai sur deux de mes machines (pc portable et pc fixe) quelques logiciels proprios car je ne peux m'en passer et que je n'ai pas trouvé de solution libre du tout (mon imprimant lexmark n'aime pas GNU/Linux et préfère les OS proprios. Je ne la regretterai pas lorsqu'elle me lâchera).
Mon serveur par contre en est exempt et c'est tant mieux. A mon sens, il ne serait en effet pas cohérent d'utiliser des logiciels proprios pour s'auto-héberger. C'est d'autant plus vrai si on le fait pour s'octroyer un plus grand contrôle sur sa machine et ses données personnelles.

Pour conclure, Rome ne s'est pas fait en un jour. Mon passage au 100% libre non plus. La solution proprio si elle est retenue n'est pour moi que quelque chose de temporaire. Quoi qu'il arrive cette solution ne peux me satisfaire complètement.

Et vous ? Quel est votre avis sur la question ?

note : je n'ai jamais mis autant de temps à écrire un sujet, mes premiers jets étant plus catastrophiques les uns que les autres !

Respecter les restrictions d'usage des logiciels propriétaires pour défendre les logiciels libres

Rédigé par -Fred- / 12 novembre 2010 /

Les logiciels libres, tel que je les connais, sont généralement gratuits dans le sens où on ne les paye pas contre monnaie sonnante et trébuchante. Cette gratuité a paradoxalement un prix qui est celui de la formation et du temps qu'il faut y consacrer ou de l'absence de garantie. L'utilisateur de ces logiciels est libre, soit d'assumer complètement son utilisation, soit de demander à un autre de le faire pour lui en le payant. Si on veut changer de prestataire, c'est possible car la solution n'est pas fermée. C'est relativement clair.

De nombreux logiciels bien que gratuits sont propriétaires. On est libre de les utiliser mais dans le cadre défini dans la licence, c'est tout. D'autres logiciels propriétaires sont vendus à la copie. Il n'est pas exclu de vouloir/devoir ensuite payer pour de la prestation de service sur ces logiciels. On adhère ou non, là n'est pas la question. Ce qui est important, c'est le choix de l'éditeur du programme et le respect de ce choix par l'utilisateur. Là aussi, la situation est assez clair.

Beaucoup de logiciels ont des implémentations libres d'une part et des implémentations propriétaires d'autres part. A l'utilisateur de choisir ce qui lui convient, et de préférence en toute connaissance de cause. Force est de constater qu'en la matière nombreux sont ceux qui jouent à un jeux où tout est permis.
- Les versions piratées de logiciels propriétaires payants sont légion. C'est d'autant plus dommage que l'utilisation de ces versions est parfois prônée dans l'entreprise ou dans le milieu éducatif.
- Les formateurs qui font passer des versions d'essais limitées dans le temps pour des version gratuites, le temps de formater l'apprenant et qu'il en soit déjà un peu dépendant.
- Les constructeurs qui, en parlant de versions d'essais, en gavent leurs machine, toujours pour les mêmes raisons qu'au dessus. C'est le genre de chose qui n'est jamais très claire pour le néophyte.
- Si votre machine est complètement planté, que vous n'avez pas créé vos disques de sauvegarde et que la version de votre système n'est déjà plus en vente suite à son flop commercial, il suffit de le télécharger sur des canaux "alternatifs". C'est simple et gratuit. Pour le coup, on ne va pas vous demander si vous avez la licence ou non, de toute manière, il y en aura une autre de fournie.
- Les interprétations personnelles concernant les licences d'utilisation sont parfois utiles. Elles font dire à certains qu'une fois qu'on a acquis légalement une licence d'utilisation pour une version donnée d'un logiciel, elle s'applique aussi à ses versions antérieures et/ou futures.
- ...

Toutes ces pratiques jouent indirectement contre les logiciels libres. A quoi bon participer à l'amélioration de logiciels libres quand on se satisfait d'utiliser des logiciels piratés ou autre ? La question est un brin provocatrice mais elle est importante.

Quelques bonnes pratiques sur internet

Rédigé par -Fred- / 11 septembre 2010 /

Chaque outil demande, pour être utilisé efficacement, à ce que l'on apprenne à s'en servir. Plus l'outil est puissant, plus la période d'apprentissage est longue. Hormis quelques inconscients, il ne viendrait à personne l'idée de conduire une voiture sans avoir son permis (oui, bon, on me dit qu'il y en a plus que quelques uns). C'est un outil qui demande un apprentissage formalisé et un examen qui on validera cet apprentissage. C'est utile à la fois parce qu'il faut s'assurer que l'apprenant a la maîtrise du véhicule et parce que chaque usager de la route doit connaître et surtout appliquer les mêmes règles pour que ça marche.

Internet est un outil infiniment plus puissant qu'une voiture dans le sens où le nombre de ses usages ne cesse de grandir chaque jour. Il n'y a pourtant pas de permis à passer pour l'utiliser. Je ne suis pas nécessairement pour un permis à proprement parler mais je le note simplement. En clair, l'apprentissage se fait sur le tas. La seule chose qui me "gonfle", c'est l'idée selon laquelle c'est tellement simple qu'il n'y a pas matière à formation, qu'en quelques clics de souris n'importe qui peut tout y faire (note : j'ai failli écrire n'importe "quel idiot" mais je ne l'ai pas fait... Ah, merde, je l'ai dit).

Plutôt que de râler dans le vide, j'ai eu envie d'être un peu plus constructif.


Combattre la centralisation d'internet et rechercher le pluralisme de l'information


Ça devrait être une évidence, facilitée en cela qu'internet par rapport à la vie réelle offre un plus grand nombre de sources et que son rôle est justement de faire passer de l'information. Le pluralisme est nécessaire que ce soit dans l'actualité générale ou dans un domaine particulier. Internet n'a pas de centre. Pourtant certains tendent de fait à en devenir. L'internaute n'a rien à gagner s'il laisse quelques sociétés avoir une influence trop grande sur le vaste internet. C'est aussi valable pour les sites non commerciaux.
- Google, via son moteur de recherche, a par la force des choses droit de vie ou de mort sur certains sites.
- la vraie richesse de Facebook, ce ne sont pas ses nombreuses applications. Ce sont toutes les données personnelles que ce site peut collecter avec votre consentement et qu'elle est libre de monnayer ensuite.
- wikipedia est devenu une référence mais ça ne veut pas dire que toutes les connaissance de l'homme s'y trouvent, ni que ce qui y est déjà soit correct.

Gérer ses marque-pages


L'outil de base de tout navigateur qui se respecte. Les sites que je consulte plus ou moins régulièrement sont dans mes marque-pages. Pourquoi faire appel à un moteur de recherche si on sait déjà exactement où on veut aller ?

Comportement et usage général


Aussi idiot que cela puisse paraître, il n'y a pas un comportement à adopter sur internet et un autre dans la vie "réelle".
- par défaut, on y est pas anonyme. Ça veut dire que potentiellement, on peut être poursuivit pour ses propos sur un site, un forum ou tout ce qu'on veut.
- Il n'y a pas de raison de faire plus confiance aux gens sur internet qu'ailleurs. Toutes le données que vous renseignez à votre sujet, dans votre profil de réseau social, sur les forum, etc... sont potentiellement réutilisables par des tiers. Bizarrement, les gens ont moins de tabous devant leur écran que IRL (In Real Life -> dans la vie réelle). Les recruteurs ne s'y trompent pas et peuvent être amenés à faire une petite recherche à votre sujet si votre CV tombe entre leurs mains.
- de temps en temps, ça ne fait pas de mal de faire une petite recherche sur soit dans plusieurs moteurs de recherche. Leur utilisation est ici très pertinente.
- garder un esprit critique en tout circonstance (en règle générale, un cerveau normal en état de marche suffit amplement). Ça permet d'éviter les arnaques, de faire suivre de hoax, de ne pas alimenter de troll inutilement, etc...

Poser les bonnes questions


Ça n'a l'air de rien mais c'est essentiel. Voilà un guide trouvé sur Linux-France.org : comment poser une question de manière intelligente
Bien entendu, il est applicable dans bien des domaines.

"Si ça n'existe pas, c'est qu'il faut que je le crée"


Le jour où on rentre dans cette démarche, c'est qu'on commence à comprendre à quel point l'outil "internet" est puissant. Le processus est important car on passe du statut de consommateur d'internet à celui d'acteur de ce même internet. Ça ne donne pas de droit supplémentaire mais ça compte. La nature de sa création est libre puisque forcement liée à un contexte précis. Blog, forum de discussion, logiciel, service, objet artistique... peu importe finalement car l'essentiel est ailleurs !

Auto-hébergement


Ou tout l'art de construire son petit bout d'internet avec son matériel et ses données. Je ne vais pas m'étendre dessus ici car il y a un tutoriel en cours de rédaction sur ce blog à ce propos.

Jonglerie et logiciels libres, deux mondes pas si différents

Rédigé par -Fred- / 03 septembre 2010 /

Voilà deux choses qui sur le papier n'ont à priori rien à voir entre elles, et pourtant !

Je jongle depuis plus de quinze ans, ce qui je le pense me permet d'avoir une idée relativement précise de ce qu'est la jonglerie et de ce qu'on y trouve par sa pratique.
Aujourd'hui, et ce depuis quelques années, j'utilise aussi des logiciels libres, je lis tout ce que je peux sur le sujet et je ne peux m'empêcher d'en discuter tant avec des béotiens qu'avec des libristes. J'ai encore de nombreuses choses à apprendre mais je pense m'être fait une idée là aussi relativement précise sur la question.

Mon constat est que ces deux environnements ont plusieurs points communs. C'est ce que je me dis depuis un moment en tout cas.

Le partage


Et oui, que l'on parle de jonglerie ou de logiciels libres, on parle souvent de choses immatérielles, d'idées, de concepts. La notion de vol ne s'applique pas à ces choses là puisque prendre une idée à quelqu'un ne l'en dépossède pas pour autant. Dans ces deux univers, et c'est là que les deux sont proches, le partage est la norme.
Les logiciels libres sont par définition disponibles aussi par leurs fichiers sources en plus des fichiers binaires. Les sources permettent à qui s'en donne la peine de comprendre le programme. La documentation librement accessible (et généralement très riche) est aussi l'une des force des logiciels libres.
Côté jonglerie, la première chose qui me vient à l'esprit sont les ateliers que l'on trouve en convention de jonglerie. Ça peut être formel ou non, peu importe. Quoi qu'il en soit, si on le demande poliment, n'importe quel jongleur se fera un plaisir de transmettre son savoir. Comme pour les logiciels libres, de nombreux tutoriels et des vidéos sont librement accessibles via internet.

L'absence de limitations arbitraires et l'innovation qui en découle


Voilà un point qui me semble fondamental : dans les deux domaines, la même forme de liberté est de mise.
On ne peux pas conditionner l'usage d'un logiciels libre par l'adhésion ou non à des valeurs politiques par exemple. De même, le développement des logiciels libres est lié aux besoins réels. On ne peut limiter l'innovation si elle est nécessaire et/ou demandée.
Les seules vraies limitations imposées aux jongleurs sont liées à ... quelques lois de physique : nos objets finiront généralement par retomber au sol quoi qu'on fasse. Pour le reste, rien n'est imposé, tant au niveau du matériel que des figures ou du style technique. Certaines approches sont justes plus populaires que d'autres mais il n'est pas rare de voir des choses tout à fait originales. De fait, chacun fixe ses propres règles, quitte à les faire évoluer si l'envie lui prend. On ne peux interdire une manière de jongler sauf si elle est dangereuse et/ou enfreint la loi.

Une compétition plus saine


Ce point serait à classer parmi les effets de bord mais je le trouve important.
Un logiciel libre a pour objectif premier de libérer les utilisateurs en répondant à un besoin ou en proposant une alternative la plus pertinente possible face aux logiciels privateurs. Pour cela, la logique n'est pas de protéger des brevets mais d'innover et de s'assurer que le produit du processus d'innovation restera libre. Un logiciel libre sera bon non pas parce qu'il sera le seul à avoir le droit d'implémenter telle ou telle fonction mais bien parce ce sera celui qui le fait le mieux.
Pour les jongleurs, la notion de compétition pure et dure (celle qui donne des notes, des classements et tout ça) est, à ce que j'ai pu constater, relativement mal vue. Face à l'absence de règles et de fédérations, choix général voulu et accepté, il n'est en effet pas possible d'établir un quelconque classement objectif entre des jongleurs. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de comparaisons possibles entre jongleurs. En général ça se passe durant les jeux de la jongle (avec des endurances, des jeux originaux dérivés de sports connus, etc...). C'est assez bon enfant, l'essentiel étant que l'ambiance soit toujours très bonne. Il n'y a au final rien à gagner si ce n'est une certaine reconnaissance de ses pairs.
Dans les deux cas, si compétition il y a, le gagnant sera toujours celui qui sera naturellement le meilleur par ces qualités propres et non pas par sa faculté à réduire l'adversaire au silence.

L'art de faire fonctionner ses neurones, juste pour le fun


L'informatique en général ou les logiciels libres en particulier sont des domaines où il n'est pas rare de rencontrer des personnes passionnées à l'extrême. En tout cas plus qu'ailleurs et j'imagine qu'avec un terrain de jeux pareil ça pourrait difficilement être différent. Quoi de plus intéressant pour quelqu'un de curieux que l'opportunité de pouvoir utiliser, comprendre, modifier et redistribuer les logiciels qu'il utilise. En ce sens, les logiciels libres favorisent l'épanouissement de l'esprit et offrent la matière pour nourrir les plus demandeurs de connaissance. J'enfonce certainement des portes ouvertes en pensant cela.

Ça peut sembler moins évident mais j'ai toujours été impressionné par la proportion d'informaticiens ou d'ingénieurs par exemple chez les jongleurs. Il n'est pas rare non plus de trouver des amateurs de casse tête dans leurs rangs et plus généralement des personnes capables de réfléchir à la résolution d'un problème si celui-ci leur semble juste intéressant. Beaucoup de personnes, qu'on les qualifie d'intelligentes ou non, ne s'attarderont pas pour autant sur un problème par simple intérêt intellectuel. A ces gens là, il faut en général montrer qu'il y aura une application concrète au fruit de leur réflexion.

La jonglerie est une pratique passionnante pour plusieurs raisons. La première, c'est que même si ça n'a pas vraiment d'intérêt en soit, ça reste beau. C'est un bon moyen pour illustrer de belle manière des choses pourtant parfois très théoriques ou des concepts abscons. Les amateurs de siteswaps ou de passing ne me diront pas le contraire. L'esprit des jongleurs est aussi régulièrement tourné vers la mise en œuvre d'idées ou de figures précises déjà inventées ou non. Je me souvient avoir passé plusieurs mois à réfléchir à mon départ à 3 diabolos et à retourner le problème dans tout les sens avant de le réussir (le geste en lui même ne durant certainement pas une seconde). En somme, l'essentiel du travail se déroule dans la tête, tant pour lutter contre des mauvais gestes que pour en réussir de nouveaux. L'acharnement parfois nécessaire peut faire penser que le jongleur est parfois sujet à une certaine forme d'autisme lorsqu'il est dans sa bulle.

L'éthique hacker a initié le mouvement des logiciels libres. Une personne se définissant comme hacker se reconnait de fait dans cette éthique. Il me semble tout à fait pertinent d'affirmer que les jongleurs sont des hackers car seule l'expression de leur travail est propre à la jonglerie. Pour le reste, travail, processus de création, partage, passion ou indépendance, les deux mondes sont plus que proches.