Déroulé de mon projet de mémoire

Rédigé par -Fred- 2 commentaires
Classé dans : CNAM Mots clés : Ingénieur, études, mémoire

J'ai trouvé assez peu de réels retours d'expérience autour du déroulement du stage et du mémoire ingénieur de l'intérieur. D'une certaine manière, cela peut se comprendre car raconter son mémoire, c'est aussi parler de l'entreprise en interne. Le risque alors est de trop en dire et/ou de nuire (même involontairement) à l'entreprise. Toutefois, et comme je l'ai fait jusqu'à présent sur ce blog concernant mon cursus au CNAM, j'ai souhaité détailler autant que possible mon expérience. Je me suis fixé comme limite de ne pas donner trop d'informations susceptibles de situer mon employeur ou mon sujet précis de mémoire. Je ne suis pas certain que ça apporterait réellement quelque chose à ce qui suit. En dehors de ça, j'espère que vous y trouverez des choses intéressantes. J'ai ajouté quelques éléments temporels afin situer un peu mieux ce que j'expose.

Ce que j'expose par la suite s'est déroulé entre juin 2019 et septembre 2020.

Tutorat et phase préparatoire

Mon tuteur a été désigné dès que mon sujet de mémoire a été accepté. Ce sujet a été accepté officiellement en juin après deux aller/retour avec le CNAM (la recherche du sujet avait déjà été faite en amont). J'ai ainsi pu échanger avec lui afin de lui expliquer de vive voix la nature de mon sujet et pour qu'il puisse déjà m'indiquer comment mon année de mémoire allait se dérouler.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, il faut déjà s'accorder avec son tuteur CNAM sur les modalités de déroulement du mémoire et de communication avec lui. C'est à cette occasion qu'un planning prévisionnel est établi. C'est un bon moyen de prendre conscience dès le départ des différentes dates butoires et à l'usage, on voit rapidement si on décale. Du reste, les seules dates émanant officiellement du CNAM sont celles de restitution du mémoire mais chaque année, le mémoire est à rendre pour fin mai environ pour une soutenance fin juin / début juillet. Habituellement, ces informations sont obtenues officiellement courant avril mais il vaut mieux avoir déjà bien commencé à rédiger le document à ce moment là.

Dans le même temps, il faut préparer le cadre du document que l'on va restituer. Je souhaitais initialement le rédiger en Latex mais malheureusement pour moi, le CNAM demande à ce que les documents soient rédigés dans un logiciel de traitement de texte. La restitution du document papier s'accompagne du document dans ce format. J'imagine que cela permet un passage dans un logiciel de détection de plagiat... Je me suis donc rabattu sur Writer de LibreOffice + Zotero (+ grammalect). Dommage parce que Latex est vraiment un super outil, mais bon, j'ai fait avec...

Au niveau de mon service et après négociations, on m'a laissé deux jours par semaine pour travailler sur mon sujet. Pour autant, il est bien de fixer des règles précises et une bonne organisation afin de ne pas dériver. Avec mes responsables hiérarchiques, nous nous sommes mis d'accord sur les deux jours (mardi et jeudi ; mon absence ces deux jours là étant la moins pénalisante pour mon service). Entendu aussi que des aménagements pour nécessités de service pouvant m'être demandés. A moi de m'arranger pour arriver ensuite à cette moyenne de deux jours par semaine.

Le mémoire prend un caractère officiel lors réunion de lancement où sont présents le directeur du CNAM régional, mon tuteur, le directeur du service qui m'accueille, l'un des collègues amené à me suivre sur la partie technique et moi-même. À cette occasion, on se dit de vive voix ce qui est prévu pour ce stage ingénieur (sujet, objectifs, moyens...). Un premier planning est aussi avancé à ce moment là concernant les dates limites de rédaction des différentes parties de mon mémoire.

Partie "Étude" du mémoire

Le projet qui m'a été confié a bien entendu commencé par cela. Ma partie étude a commencé en septembre 2019. Dans la mesure où j'ai effectué mon stage de mémoire dans un autre service que le mien, j'ai pu cloisonner relativement bien les deux activités. Le cloisonnement n'a bien entendu pas été total, dans un sens comme dans l'autre. Dans une telle situation, il faut faire preuve de souplesse et d'adaptabilité. Le cloisonnement avec la sphère privée s'atténue aussi un peu puisque même s'il s'agit d'un projet "entreprise", toute une partie du travail est réalisé sur du temps personnel.

Tout de suite, je me suis fait un journal de bord dans lequel j'ai noté mes activités journalières. Je pense que cela est essentiel lorsque l'on s'engage sur un projet car la mémoire humaine est quelques chose de faillible. Il est dommage de perdre le chemin ayant mené à un raisonnement ou à un choix technique.

L'étude commence par la découverte concrète du sujet. Dans mon cas, une étude visant à proposer un nouveau système d'information dans un périmètre fonctionnel précis (un autre outil, vieillissant, est déjà en place et montre ses limites). J'ai fait le choix de ne pas chercher à avoir une compréhension fine du système en place mais uniquement d'en comprendre le fonctionnement général et ses diverses interactions avec les autres éléments du SI. Cette phase a été pour moi très exploratoire, avec des découvertes parfois inattendues, plusieurs fausses pistes mais avec finalement une bien meilleure compréhension du contexte.

Je me suis rendu compte que le plus dur est presque de bien cerner les besoins des utilisateurs finaux. Dans mon cas en effet, ils n'étaient pas à l'initiative de l'étude à faire. Ça implique aussi, et ce n'est pas rien, de tous les identifier et d'obtenir leur adhésion. Côté DSI, il faut veiller à impliquer tout le monde au plus tôt. Il n'y a pas besoin de noyer tout le monde sous l'information mais par contre, il est intéressant d'identifier, pour chaque partie, qui cela concerne et qui peut être intéressé. Une fois ou deux, j'ai failli oublier du monde. Ça se rattrape mais quand même, c'est à éviter si possible. Pour ceux qui en doutaient encore, la dimension humaine d'un projet de mémoire ingénieur est très importante.

Changement d'organisation personnelle

Dans le cadre de mon projet ingénieur, j'ai donc été amené à formuler des recommandations. De ces recommandations découlaient la mise en œuvre d'un cloud privé (basé sur Nextcloud). Dans une telle situation, j'aime bien tester en amont de mon côté. Durant les congés de noël 2019, avant d'avoir accès à mon infra de test, je me suis donc lancé dans l'aventure avec cet outil que je ne connaissait que de nom. J'ai beaucoup appris en jouant avec et, ayant installé ma propre instance auto-hébergée, j'ai donc commencé à l'utiliser pour mon compte personnel.

Avant Nextcoud, je travaillais "à l'ancienne" sur mon mémoire. J'étais (et je reste) assez méfiant vis-à-vis des grands fournisseurs de cloud. Jusqu'alors, mon PC portable m'accompagnait partout où je voulais travailler, donc essentiellement entre chez moi et mon travail. Chaque jour, j'effectuais donc manuellement une sauvegarde sur mon NAS lorsque j'étais de retour à mon domicile.

Depuis que j'utilise Nextcloud, je ne ballade presque plus ma machine perso. Mes dossiers pro sont synchronisés entre mon ordinateur portable personnel, mon téléphone et deux machines que j'utilise à mon travail. Du reste, je peux aussi y accéder depuis n'importe quel PC disposant d'un navigateur et d'un accès internet. Je continue volontairement à sauvegarder manuellement et de manière périodique mes données sur mon NAS (merci RSYNC). Vraiment, ça change tout et je garde la main sur mes données.

Phase "Réalisation"

Après validation de mes propositions par mon tuteur et par mes référents techniques, j'ai pu rentrer dans le concret et travailler sur les trois axes retenus.

Mon étude de l'intégration de Nextcloud pour nos utilisateurs m'a permis de bien appréhender les fonctionnalités de l'outil. Sur cet axe de travail, j'ai continuellement appliqué le principe qui veut que pour se forger un avis, il faut tester soit même au maximum. J'ai parfois eu de bonnes surprises et parfois de moins bonnes. Dans la mesure où je l'ai utilisé à la fois dans le cadre pro et dans le cadre perso, j'ai rapidement pu être à l'aise avec l'outil. Des essais terrain ont été menés avec deux groupes distincts d'utilisateurs, selon des modalités un peu différentes. Ça m'a permis de tirer quelques enseignements intéressants.

Une autre axe de travail a concerné la virtualisation du poste de travail. La mise en place d'une infrastructure de test a été confiée à un prestataire car jugée trop lourde à mettre en œuvre par nous même. Notre idée derrière n'était pas de prendre de l'expérience sur le montage de ce type d'infrastructure mais de valider que ce type de solution pouvait répondre à une besoin utilisateur. Sur cet axe, il m'a fallu accepter qu'il ne s'agissait pas pour moi de comprendre toutes les subtilités de l'infra. Par contre, cela a été l'occasion de définir un besoin, de sélectionner un prestataire, de travailler ensuite avec celui retenu, de formaliser des besoins utilisateur, de planifier les différentes actions avec les parties prenantes et de restituer cela ensuite. C'est aussi une part importante du métier d'ingénieur.

Le dernier axe, plus mineur, a concerné la gestion d'une flotte de terminaux mobiles par un MDM. En fait, l'intérêt de remplacer une solution en place par une nouvelle, semble-t-il plus adaptée. Je me suis attaché ici à bien comprendre le fonctionnement des solutions de MDM et à recueillir des retours utilisateurs. Le contexte Covid-19 ne m'a pas trop aidé pour le coup.

En parallèle, je me suis attelé à bien formaliser les besoins de mes utilisateurs. Pour cela, il est impératif de comprendre au mieux leur contexte. J'ai ainsi conçu un questionnaire que j'ai pu diffuser dès le début de ma phase de réalisation, début janvier. Il aurait été prématuré de l'envoyer avant car certaines questions ne me sont apparues que tard durant la phase d'étude. J'ai eu assez peu de retours en un mois (20%). Ce questionnaire m'a toutefois permis d'identifier et de rentrer en contact avec des utilisateurs intéressés par la démarche. C'est sur eux que je me suis ensuite appuyé pour mener mes essais terrain.

Boucler mon mémoire

On ne va pas se le cacher, le confinement brutal a quelque peu modifié mon planing initial (le contraire aurait été étonnant). J'étais déjà bien avancé dans mon projet et j'allais commencer ma phase d'essais terrain lorsque tout s'est un peu arrêté, mi-mars 2020. Toutefois, ce qui devait absolument être maintenu a pu l'être (moyennant un suivi à distance) et le reste a été replanifié en septembre. La date de restitution de mon document a été fixée à la fin de la première semaine de juillet.

Le retour progressif au travail avec encore pas mal de télétravail m'a permis de finir mon mémoire plutôt sereinement. Fin mai et début juin ont été consacrés aux derniers ajustements de contenu et aux diverses relectures. Mon mémoire a d'abord été relu par plusieurs personnes en interne (tuteur, référents techniques) afin de valider une dernière fois le contenu. Le document reprenant en compte les remarques interne a ensuite été soumis à mon tuteur. Une fois les corrections finales effectuées, j'ai pu éditer mon document papier et l'envoyer. La phase de revue et de corrections avec mon tuteur CNAM a surtout concerné la forme et la structure de mon document. Ça m'a tout de même demandé pas mal de travail sur une courte période.

La soutenance

La date finale de ma soutenance m'a donc été annoncée mi-juin, pour un passage la semaine de la rentrée. Encore une fois, normalement les soutenances sont plutôt planifiées fin juin / début juillet, mais bon, le contexte étant ce qu'il est, il a fallu faire avec... Autre nouveauté et/ou adaptation, cette dernière épreuve s'est déroulée en visio. De mon point de vue, attendre la rentrée ne m'a pas facilité la tâche car ma préparation à la soutenance s'est un peu trop éternisée à mon goût. Difficile aussi de faire une réelle coupure estivale lorsque la rentrée commence directement par l'aboutissement de plusieurs années d'études.

Comme pour toute présentation, il m'a fallu préparer mes supports et rendre la chose digeste, sans en faire une copie réduite de mon mémoire. Ça a été pour moi l'occasion de présenter mon travail sous un nouvel angle. J'ai mis plus en valeur ma démarche et le déroulement des différentes actions menées durant mon projet que les aspects purement techniques.

Ce type de présentation doit tenir sur 35 à 40 minutes. Inutile de dire qu'il faut s'entraîner et répéter plusieurs fois pour que l'ensemble soit fluide et agréable à écouter. Ça semble long mais ça passe très vite. Toutes mes premières répétition duraient un peu plus de 40 minutes et j'ai donc été obligé d'élaguer ou d'être plus concis. Si mes répétitions n'ont jamais été identiques mot pour mot, mon fil directeur s'est lui peu à peu fixé. L'exercice est très intéressant

Juste avant la soutenance officielle, j'ai pu en faire deux devant chacun de mes tuteurs. Les retours m'ont permis de corriger quelques points à la marge.

La soutenance elle même s'est relativement bien passée. Une petite frayeur technique pour commencer qui m'a fait perdre deux minutes mais ensuite, j'ai pu dérouler mes idées. Les questions m'ont essentiellement été posées par le président du jury et cela s'est globalement bien passé bien qu'il m'ait emmené sur un autre terrain que celui sur lequel je m'attendais arriver. Difficile d'anticiper sur les questions du jury en fait mais ça fait parti de l'exercice et c'est une source d'enseignement. Suite aux questions, j'ai quitté la salle de visio le temps pour le jury de délibérer. Moins de 10 minutes plus tard, j'ai pu revenir et apprendre que je validais mon mémoire avec une note assez bonne.

La suite

Au moment où j'écris ces lignes, je viens de passer ma soutenance. Mon projet n'est pas complètement achevé donc j'ai encore quelques semaines de travail. L'objectif pour moi ici est de rendre un livrable avec une réflexion aboutie.

2 commentaires

#1  - Stéphane a dit :

Bonjour,

Félicitation pour ton mémoire et pour ton diplome !
Je dois commencer mon stage bientôt et le fait de lire que d'autres personnes passent par les mêmes difficultés rassure un peu.

Cordialement

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#2  - -Fred- a dit :

Bonjour et merci à toi !

Nous sommes tous à la fois isolés et dans la même galère. La motivation, tu le verra, peut être fluctuante au fil des mois, notamment à mi parcours. Pour autant il ne faut rien lâcher. Le projet de mémoire est une étape particulière dans le parcours.

Bon courage dans cette dernière ligne droite.

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