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Reflexion

Mon système d'exploitation est assertif

Rédigé par -Fred- / 07 novembre 2016 / 1 commentaire

Pourquoi ce billet ?

J'utilise un système d'exploitation (SE) sur lequel je suis à l'aise depuis un certain temps. Ce billet n'a pas pour but de mettre en avant les avantages ou inconvénients du système que j'utilise mais plutôt de décrire pour quelle raisons il me convient. Pour ceux qui veulent à tout pris savoir sans chercher plus loin sur ce blog, sachez que j'utilise Debian. Encore une fois, mon propos n'est pas de dire que le système que j'ai choisi est le système ultime, sorte de saint graal des OS.

Je ne me place pas dans un plan technique. Pour cela, j'ai essayé de faire le parallèle avec quatre modes de communication usuels (comprendre, ceux utilisables entre deux personnes par exemple). Ces modes sont, la passivité, la tromperie, l'agressivité et l'assertivité. Parmi ces quatre là, un seul permet de travailler efficacement avec une autres personne. Dans la mesure où le comportement d'un système d'exploitation n'est que le reflet de ce qu'on voulu ses concepteurs, l'approche ne me semble pas déconnante. Vu le titre du billet, vous devez déjà voir quel mode est efficace :p .

Quelques définitions

Pour être certain de parler de la même chose, le plus simple est déjà de définir les termes employés.

  • Passivité : subir ce qui se passe autour de soit.
  • Tromperie : induire volontairement l'autre en erreur.
  • Agressivité : imposer un rapport de force violent à son interlocuteur.
  • Assertivité : [...] faire passer un message difficile sans passivité mais aussi sans agressivité. (reprise de la définition Wikipedia)

Faire le lien avec un système d'exploitation

Les modes de passivité, de tromperie et d'agressivité rendent les situations plus complexes car justement, ces modes ajoutent des entraves supplémentaires, artificielles si j'ose dire, sur le chemin menant à la résolution des problèmes. Étonnamment, de nombreux systèmes d'exploitation très populaires fonctionnent de la sorte.

Lorsque Microsoft pousse quasiment de force la mise à jour gratuite vers Windows 10, je trouve que la manière est extrêmement agressive. A chaque fois qu'un utilisateur m'a parlé de cette mise à jour, ça a juste été pour me dire que le système ne lui avait pas laissé le choix et qu'il s'était retrouvé du jour au lendemain avec un nouveau système d'exploitation, auquel au passage il ne comprenait plus rien. On pourra dire ce qu'on veut mais un tel procédé ne respecte pas la volonté de l'utilisateur. Empêcher la mise à jour n'est pas forcement évident et le retour arrière l'est encore moins.

L'utilisateur est progressivement amené à être passif vis à vis de son système, y compris lorsque le système influe sur des paramètres touchant aux données personnelles par exemple. Windows 10, encore une fois, s'installe par défaut avec des réglages nuisibles de ce point de vue. Je pourrais aussi prendre l'exemple d'Androïd qui est extrêmement intrusif aussi. Ce qu'il y a de commun à ces systèmes, c'est qu'ils misent sur la passivité de leurs utilisateurs pour abuser d'eux.

La tromperie est aussi quelque chose d'extrêmement présent lorsque l'on a à faire à un système d'exploitation notamment. Avez vous lu les conditions d'utilisation associées ? Probablement que non et si vous l'avez fait, vous constaterez qu'elles sont à la fois dures à comprendre, longues à lire et toutes différentes. En gros, vous ne vous aventurerez à les lire peut être qu'en cas de litige et vous vous rendrez compte que vous aviez en toute bonne fois autorisé l'éditeur du système d'exploitation à faire quasiment ce que bon lui semblait. Il y a vraiment tromperie car l'acceptation de l'utilisateur (sauf à ce qu'il soit juriste) ne peut pas se faire de manière éclairée.

Je qualifie volontiers mon système d'exploitation d'assertif car justement, j'arrive à communiquer avec lui au quotidien sans entraves injustifiées ou arbitraires. Bien entendu, il arrive que de temps à autre, tout ne fonctionne pas comme je voudrais que ça fonctionne (aucun système n'est épargné). Pour autant avec mon système, je sais que je ne joue pas contre lui mais avec lui. Pour peu que j'ai au préalable pris le temps de lire la doc, je sais qu'il me donnera toutes les informations dont j'ai besoin pour réaliser telle ou telle action, résoudre tel ou tel problème (déjà, c'est documenté). Je sais aussi qu'il n'est pas piloté à distance par un autre, même si c'est pour de bonnes intentions. J'en suis l'administrateur et j'ai toute la latitude nécessaire pour faire ce que je veux dessus, y compris les pires conneries si l'envie m'en prend (dans l'absolu, j'évites quand même hein...).

Conclusion

Dans tout ça, peut être que vous regarderez votre ou vos système(s) un peu autrement. Mon plaisir à faire de l'informatique est vraiment né quand j'ai vraiment trouvé un système assertif. C'est quelque chose que je n'ai identifié que tardivement mais qui était là depuis longtemps. Ça peut sembler assez accessoire à certains mais avec le recul, je trouve que c'est au contraire quelque chose d'essentiel au quotidien.

Limites des réseaux sociaux

Rédigé par -Fred- / 21 septembre 2016 / Aucun commentaire

Les réseaux sociaux tels qu'on les connaît aujourd'hui ont vraiment modifié la manière de communiquer sur Internet. On pourrait aller jusqu'à dire qu'il y a un avant et un après. A une époque pas si lointaine encore, si l'on voulait communiquer sur Internet (et le web en particulier), on se construisait son propre site et on pouvait ensuite l'alimenter. Chaque site était différent et potentiellement géré par des acteurs différents eux aussi. Cette manière de faire fonctionne même si chacun propose des contenus dans son coin car des liens se tissent entre les pages. C'est à mon sens quelque chose de très important en fait car le système n'est pas centralisé.

Ils (les réseaux sociaux) fonctionnent sur le web mais pour autant, leur fonctionnement est un peu différent. Il faut les voir comme une couche intermédiaire entre l'utilisateur et le web. Lorsqu'il modifie sa page ou ajoute du contenu dans son profil de réseau social, l'utilisateur ne poste pas tant sur le web que sur la plateforme du réseau social qui lui est présent sur le web. La nuance est importante car bien que ce soit les utilisateurs qui apportent leur contenus au réseau social, c'est bien le réseau social lui même qui organise ces données ensuite et les met en valeur. Ces quelques sites sont tellement utilisés qu'ils sont à juste titre considérés comme des points de centralisation sur Internet. Si j'osais la comparaison, on pourrait dire qu'on est passé d'une démarche "artisanale" à une démarche "industrielle".

A l'heure où les blogs et autres page perso sont souvent remplacés par des simples pages facebook ou des comptes twitter, l'information y est donc concentrée. Cela va même plus loin car ces réseaux deviennent les canaux de communication principaux de bon nombre de communicants. Du côté de ceux qui recherchent l'information, ces médias deviennent vraiment incontournables et c'est ainsi que l'on rentre dans un cercle vicieux.

Dans leur recherche de confort, d'efficacité et de simplicité d'usage, bon nombre de communicants ont délégué à quelques entreprises la gestion des outils sur lesquels il s'appuient pour communiquer. On le constate vraiment à différents niveaux, depuis l'internaute lambda jusqu'aux politiques en passant par les journalistes. Globalement, ça peut concerner tout ceux ayant à un moment donné besoin de communiquer.

Ces plateformes centralisées posent plusieurs problèmes dont l'un concerne la censure. En fait, même si ce n'est pas leur but, les plateformes de réseaux sociaux doivent être à même de prendre des mesures permettant de retirer des contenus qu'ils hébergent lorsque ces contenus sont signalés comme posant un problème. Les raisons peuvent être multiples, violation de copyright, contenus violents, racistes, terroristes, etc ... Devant la masse d'informations gérées par ces sites, des procédures sont mises en place afin qu'il ne soit pas nécessaire d'engager une armée de modérateurs. Tout le monde peut ainsi remonter au réseau social des contenus inapproprié à faire enlever. Le site en question peut alors agir en écartant les contenus et en suspendant le compte de celui qui les a postés.

Ce qui est grave avec ce système, c'est que le fond n'est pas analysé immédiatement. C'est le ou les signalements qui ont de l'importance car c'est ce qui motive la suppression de contenus ou la suspension de compte (quitte à y revenir ensuite mais le mal est déjà fait). Ce procédé permet, au même titre qu'un DDOS mais en plus simple, de nuire à la capacité de communication d'une personne ou d'un groupe sur Internet. Voilà pourquoi il est important de ne pas dépendre uniquement des réseaux sociaux pour gérer sa communication sur internet. A ceux qui veulent faire passer des informations, prévoyez un site, une mailling list ou tout autre moyen neutre vous permettant de communiquer normalement. Les réseaux sociaux ne devraient être qu'un moyen parmi d'autre de communiquer et si vous en dépendez, vous devriez considérer que cela pose un problème. Accessoirement, amener les discussions à se dérouler via des outils neutres, ça permet à des olibrius dans mon genre de suivre un peu mieux ce qui se passe et se dit en marge des actus et autres billets de blogs.

Malgré cela, même ceux qui ont conscience du problème (les médias notamment) ne peuvent pas grand chose si ceux qui les suivent ne changent pas eux aussi leurs habitudes. Dernièrement, c'est le site Reflets qui a fait les frais d'une suspension abusive de deux comptes twitter (la Fachosphère ayant signalé des contenus inapproprié sur ces comptes ; twitter a réagit, sans autre forme de procès). Ni une ni deux, les administrateurs du site Reflets ont eu la bonne réaction en proposant une mailling list permettant à tout ceux qui le souhaitaient de pouvoir communiquer entre eux. Deux jours plus tard, les comptes twitter ont été réactivés et la mailling list ne vit pas beaucoup (je ne connais pas l'activité des comptes twitter mais ce serait intéressant de comparer, à titre indicatif). Ça me fait dire qu'on a beau avoir conscience des limites du système, on est pas près d'abandonner notre petit confort...

Affaiblir le chiffrement ?

Rédigé par -Fred- / 23 août 2016 / Aucun commentaire

Le chiffrement est devenu la cible prioritaire de tous les décideurs politiques dans de nombreux pays alors que dans le même temps, les spécialistes sont unanimes : il est impossible d'affaiblir le chiffrement au seul bénéfice des "Gentils".

Deux visions s'opposent : d'une part, celle des décideurs, qui sont convaincu qu'une solution intermédiaire est trouvable entre le chiffrement actuel et pas de chiffrement du tout. Ces mêmes décideurs qualifiant d'irresponsables, voir de dangereux, ceux qui n'iraient pas dans leur sens. D'autre part, celle des spécialistes qui affirment que cela est tout bonnement impossible.

Où se situe les problèmes principaux ?

Je ne suis pas du tout spécialiste du chiffrement mais pourtant, les problèmes me semblent tout à fait simples à comprendre.

Tout d'abord, introduire volontairement une faille dans un protocole ou une application, ça fait baisser le niveau global de sécurité. Même en sachant que tel protocole ou application dispose d'une porte dérobée contrôlée par X, rien ne permet de dire que Y n'en a pas connaissance et ne l'utilise pas sans que X ne soit au courant.

Aujourd'hui, bien que cela ne se fasse officiellement pas, des failles sont régulièrement trouvées. Cela signifie que certains les cherchent sans même savoir si elles existent. Or, introduire volontairement des faiblesses dans des protocoles ou des applications, ça revient à envoyer un message disant : " Il y a au moins une faille là, elle ne demande qu'à être retrouvée ... ".

Si les outils de chiffrement venaient à être volontairement castrés de la sorte, quelles solutions resterait-il notamment pour les états et dans une moindre mesure, pour les entreprises ? Je passe volontairement outre les particuliers (lambda, journalistes, activistes, avocats...) car la sécurité qu'apporte le vrai chiffrement, ce n'est visiblement pas pour eux dans la mesure où c'est dans cette catégorie que se cachent les "terroristes". Comment les décideurs vont garantir leur propre sécurité et celle de leurs fleurons industriels si seuls des outils moisis sont utilisables ? Va-t-on se tourner vers un droit au chiffrement à deux vitesses ?

Est-ce qu'une application qui introduit une porte dérobée peut encore être libre ? La question n'intéressera pas grand monde à part les libristes mais elle me semble centrale. Si la faille se trouve au niveau de l'application, elle doit théoriquement être trouvable en analysant le code source (je ne prétend pas que ce soit simple mais je signale juste que c'est théoriquement possible) et cette anomalie peut être alors corrigée. Seule solution alors, ne pas fournir les sources des outils de chiffrement mais du coup, c'est moins libre, faut l'avouer.

C'est quoi un gentil ?

Comme ça, et sans trop réfléchir, je dirais que c'est quelqu'un avec qui on est d'accord sur l'essentiel. Au niveau des états, il y a au moins un groupe constitué des pays occidentaux. Sauf que même entre eux, on ne se dit pas tout et le copain veut parfois en savoir plus sur vous que ce que vous voulez bien lui dire. On a beau être amis, on ne peut pas tout se dire. Ceci n'est pas choquant, bien au contraire. Je ne déballerai pas non plus ma vie à mes voisins, même s'ils devenaient instants.

Rajoutons à cela que "Gentil" est un statut temporaire même si certains état on pris l'habitude de le rester entre eux sur de longues périodes. Aurions nous la même vision du monde si des extrêmes venaient à prendre le pouvoir en France ?

Donc en gros, on propose de brider volontairement les outils de chiffrement pour les "Gentils" alors même que la notion de "Gentil" est trouble et instable dans le temps. La seule solution dans ce cas est que chacun casse lui même le chiffrement dans son coin.

Et c'est quoi un terroriste ?

On doit pouvoir trouver une définition précise dans un bon dictionnaire. Toutefois, le mot "terroriste" et tout ce qui va avec est employé largement aujourd'hui dès qu'il a une menace sérieuse de trouble à l'ordre public. Je caricature probablement mais les premiers à faire les frais des premières mesures adoptées dans le cadre de l'état d'urgence sont des manifestants altermondialistes manifestant contre la COP21. "Si vous voulez vous débarrasser d'un chien, dites qu'il a la rage." Encore une fois, c'est caricatural mais l'idée est là à mon sens.

Et si affaiblir le chiffrement servait à autre chose qu'à lutter contre le terrorisme ?

L'affaiblissement du chiffrement ouvre la boîte de pandore. Une fois cela en place, c'est utilisable pour tout, ce n'est qu'une question d'imagination. J'évoquais ci-dessus la possibilité non nulle que des extrêmes (ou du moins leurs idées) arrivent au pouvoir en France prochainement. Ceux au pouvoir aujourd'hui, et intimement convaincu de le faire pour de bonnes raisons, ne seront probablement plus aux commandes une fois ces outils déployés. Les garanties qu'ils peuvent donner même de bonne foi aujourd'hui n'ont pas de valeur au delà des prochaines échéances démocratiques. Que feront les suivants avec un tel pouvoir ? Bien malin qui pourrait le prédire avec précision tant le champ des possibles est grand et tant le contexte peut évoluer. Une question d'imagination encore une fois.

En conclusion

En réponse à un problème bien réel, on propose une solution consistant à casser un outil largement utilisé y compris pour des usages tout à fait légitimes, ce qui en définitive pose plus de problèmes qu'il n'en solutionne.

À garder en tête :

" Si vous croyez que la technologie peut résoudre vos problèmes de sécurité, c’est que vous ne comprenez pas les problèmes et que vous ne comprenez pas la technologie. "
Bruce Schneier

Equipement TV/Hifi prêt à jeter

Rédigé par -Fred- / 21 août 2016 / Aucun commentaire

Évolution des normes de diffusion TV par voie hertzienne

Ces dernières années, les normes de diffusion des chaînes hertziennes ont beaucoup bougé. Quand on ne s'y intéresse pas vraiment, ce n'est pas forcement évident d'y voir clair immédiatement. Je suis d'ailleurs de ceux là.

Tout d'abord il y a eu l'arrivée progressive des premières chaînes numériques en parallèle avec la diffusion analogique (approximativement au milieu des années 2000). Peu après, entre 2009 et 2011, il y a logiquement eu l'arrêt de la diffusion en analogique. Ça, c'est le passage à la TNT (compression en MPEG2 et diffusion en DVB-T).

Progressivement, plusieurs chaînes ont commencé à émettre en HD (Haute Définition), certaines chaîne étant toujours diffusées en SD (Simple Définition). Récemment, en avril 2016, la TNT a complètement basculé en HD (compression en MPEG4 et diffusion en DVB-T).

Vers, 2020, il est prévu de basculer à la norme de diffusion DVB-T2.

Ces sauts technologiques s'expliquent par les besoins croissants en qualité, en services et en optimisation (les bandes de fréquence sont des ressources rares et il faut bien les utiliser). De ce point de vue, il est compréhensible que cela évolue. A ce propos, voilà un document intéressant à lire pour mieux comprendre ce sujet : Cons._passage_MPEG-4_bande_700_avenir_TNT.pdf

Toutefois, ces dernières années, je constate que moi ou mes proches avons été contraints de nous rééquiper uniquement à cause de ces sauts technologiques à répétition. Le matériel n'a plus le temps de tomber en panne puisqu'il devient obsolète. Plus encore que pour les téléviseurs, cela est flagrant pour les décodeurs externes qui ne sont plus d'aucune utilité dès qu'ils sont incompatibles avec la norme en vigueur. Là, j'envoi à la poubelle un décodeur TNT double tuner avec disque dur fonctionnel mais incompatible avec la TNT HD. J'ai un proche exactement dans ce cas là avec un appareil similaire.

Pour ce proche justement, il a été nécessaire de trouver une solution de remplacement en terme de fonctionnalités et la solution la plus simple d'usage est de passer par un lecteur blue ray avec double tuner et disque du intégré. Il n'y en a pas tant que ça mais on trouve les modèles les moins chers à un peu plus de 300€. Le plus drôle, c'est que la prochaine évolution prévue vers 2020 (diffusion en DVB-T2 donc) va rendre obsolète ce matériel. Donc en gros, au moment de l'acheter, je suis déjà en mesure de dire combien de temps le matériel sera pleinement utilisable et surtout quand il ne le sera plus. Il est loin le temps où un appareil cessait d'être utilisable quand il était HS.

Vis ma vie de bidouilleur

Rédigé par -Fred- / 17 août 2016 / Aucun commentaire

Lorsqu'on est curieux et que comme moi on adore bidouiller sur son temps libre, on finit par se lancer dans des projets divers et variés, ce qui n'est pas sans amener parfois quelques problèmes inattendus. Tous on peut être pour origine commune que l'on manque cruellement de temps pour tout faire. En effet, les problèmes intéressants sont nombreux mais la réciproque n'est pas vraie : tous les problèmes ne sont pas intéressants, loin de là. Le jeu donc, c'est de faire le tri en permanence pour que cela reste cool. Voici comment j'opère pour faire mes choix :

Le premier filtre que j'applique consiste à ne pas partir sur des technos fermées. Dépenser de sont temps, c'est en investir. Une techno qui aura réussi à capter massivement du temps va mieux évoluer qu'une autre moins utilisée. Comme je préfère voir des technos ouvertes évoluer, je vais vers elles, logique. C'est une forme de soutient en quelque sorte. Si après côté pro, je dois travailler sur autre chose, c'est différent dans le mesure où je suis payé pour ça.

Le second filtre consiste à partir le moins possible sur les problèmes des autres, sauf si ces problèmes m'intéressent. Il n'est pas rare que l'on me demande de regarder tel ou tel truc, sous prétexte que ça ressemble à quelque chose auquel je me suis déjà intéressé ou que je dois savoir faire. Typiquement, ça peut être de réparer ou d'aider à l'utilisation d'un ordi par exemple. En soit, ça peut potentiellement être marrant au début mais ça peut devenir vite répétitif et ça revient souvent à faire la maintenance de la machine à la place de l'autre. Un dialogue entre un passionné et quelqu'un qui veut juste que ça marche ne peut pas aboutir à grand chose si ce n'est à de l'incompréhension. Je passe sur le cas plus rare mais bien réel de celui qui travaille sur son propre projet mais qui ne semble pas trouver d'autre solution que de vous vampiriser votre temps pour avancer. En fait, je constate que la recherche d'un problème intéressant est avant tout une démarche personnelle même s'il peut y avoir parfois des exceptions comme pour le projet sur lequel je bosse en ce moment (une idée extérieure peut de manière inattendue venir en compléter une autre qui germait).

Le troisième filtre que j'applique consiste à ne pas repartir sur des problèmes que j'ai déjà traité. Passé la phase de découverte, une fois le problème traité et assimilé ce qui pouvait l'être, soit j'approfondis, soit je passe à autre chose. Si un problème proche survient, il faut que le delta avec celui que j'ai déjà traité m'apporte quelque chose de significatif. Plus ce delta est faible, moins il a de chance d'être intéressant et enrichissant. A voir au cas par cas donc.

Je tente aussi le moins possible de traîner certains sujets lorsqu'ils ont cessé de m'apporter quelque chose. Si je peux aboutir au moins partiellement, c'est déjà pas mal. Dans l'absolu, je souhaite terminer ce que je commence mais ce n'est pas tout le temps possible de suite (je pense à mon clone de Zelda3) donc dans ce cas, certains projets finissent par être mis de fait en sommeil. Paradoxalement, le temps passé sur un projet n'a pas d'importance. Le trucs rapides à faire sont tout aussi intéressants que les projets plus lourds qui demandent un investissement qui tienne sur la durée. Je trouve même intéressant de passer de l'un à l'autre car c'est aussi un bon moyen de diversifier un peu cette activité. L'idée générale, c'est que ce que je réalise sur mon temps de loisir reste un vrai plaisir et que ça me corresponde. Le temps que j'y consacre n'étant pas extensible à l'infini, je me dois de l'utiliser au mieux.

Un bon projet finalement, c'est quelque chose auquel je pense un bon moment sans oser franchir le pas (entendre par là, prendre un crayon et commencer à poser mes idées sur le papier). Je n'ose pas au début, d'autant que je me pose toujours la question du temps que je pourrai y consacrer. Cette période de réflexion me permet aussi d'y réfléchir de manière un peu dépassionnée, sans influences extérieures, et de mesurer un peu mieux la faisabilité de la chose (que cela ai déjà été réalisé par un autre ou non). Lorsque je me décide enfin, c'est que l'idée a déjà fait un bout de chemin dans ma tête et qu'elle me semble toujours aussi amusante ou intéressante. Elle s'impose progressivement à moi de sorte qu'il est naturel de la concrétiser. Quand je franchis le pas, je suis déjà relativement sûr de moi même si des imprévus surviennent ensuite. Les aléas font partie du jeu et c'est eux qui me font le plus progresser.