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Openmailbox modifie son offre

Rédigé par -Fred- 1 commentaire

En soit, une telle nouvelle ne m'intéresse pas car mon mail est auto-hébergé. Toutefois, nombreux sont ceux qui utilisent ce service. Nombreux sont ceux aussi à avoir été pris de cours lorsque le service a sans prévenir modifié son offre, amputant au passage l'offre gratuite de choses de base comme l'accès POP/IMAP. Certains semblent avoir du mal à digérer cela. A mon sens, ça pointe autre chose : un service mail ne peut pas à la fois être simple, gratuit, pérenne, éthique et efficace.

Les conditions générales d'utilisation ne sont jamais lues car souvent illisibles, faut bien l'avouer. Ici coup de bol, elles sont simples et claires : https://www.openmailbox.org/tos. Malheureusement, c'est pas pour ça qu'elles sont plus lues. Il existe bien une offre gratuite mais quoi qu'il arrive, OpenMailBox se décharge des conséquences des aléas techniques sur leurs utilisateurs, utilisateurs qui sont au passage seuls responsables de leurs données.

Je peux comprendre qu'une annonce aussi brutale soit (très) mal perçue mais il faut quand même remettre les choses à leur place. Un service gratuit peut s'arrêter du jour au lendemain sans préavis. C'est quasiment ce qui est arrivé là et c'est une chose à prendre en compte lorsque l'on s'inscrit. Il est de la responsabilité des utilisateurs de prendre les mesures adéquates pour faire face à ce qui peut survenir et qui est prévisible (encore une fois, c'était tout à fait prévisible à plus ou moins longue échéance). Donc la moindre des choses, c'est de sauvegarder ses données ailleurs périodiquement. La bonne pratique serait d'en conserver au moins une copie locale à jour. Cela est aussi utile en cas de problème technique indépendant de la volonté du tiers qui propose le service.

Chose amusante, car sans conséquences sur l'instant, ils sont nombreux à migrer vers un autre service gratuit. A ceux là, je tiens juste à rappeler que ça ne change rien au problème et qu'ils gardent cette épée de damoclès au dessus de la tête s'ils ne se sentent pas plus responsables de leurs données. Le prochain arrêtera peut être complètement son service sans possibilité de récupérer ses données.

Chose plus inquiétante, ceux qui se plaignent sont majoritairement des utilisateurs du service gratuit et ils se comportent comme des clients pour qui tout est dû et qui balaient leurs propres obligations d'un revers de main (envers eux même et envers le tiers qui propose le service). Je ne trouve pas ça sain comme approche. Dans les commentaires que j'ai pu lire, je vois qu'ils sont nombreux à annoncer vouloir migrer vers l'offre gratuite de net-c. Si vous vous trouvez dans ce cas là, je n'ai pas regardé dans le détail mais c'est probablement un très bon choix. Toutefois, en utilisant leur service gratuit, les conditions d'utilisation (point 12.1) stipulent par exemple et très clairement que lorsque vous accédez à leur service, vous ne devez pas bloquer leurs publicités (les CGU sont un peu plus consistantes que celles d'OpenMailBox mais elles restent lisibles, ne vous privez pas). Je serais curieux de connaître la proportion d'utilisateurs qui tiendra compte de ce genre de détail avant de souscrire... Et qu'est-ce qui empêche le service en question de bloquer l'accès à leur site pour les utilisateurs gratuits ne respectant pas cette clause ?

Mon adresse email est inhabituelle

Rédigé par -Fred- 16 commentaires

Cela fait 10 ans cette année que je gère mon mail comme un grand. C'est super d'avoir ses adresses mail personnelles sur son propre serveur mail. Je peux en créer autant que je veux dessus, avec n'importe quel nom, du plus drôle au plus court en passant par des choses plus passe partout. Je ne risque pas en tout cas de ne pas pouvoir en créer une car une autre personne l'a déjà prise. Pour les quelques adresses créées, je suis généralement resté sur des choses courtes ou assez évocatrices en fonction des besoins. Je peux par exemple décider de créer une adresse en cas d'inscription à une liste de diffusion ou quand je sais que je risque de me faire spammer lorsque je dois quand même laisser une adresse valide quelque part. Dans ce dernier cas, je pourrais aussi me créer des adresses jetables ailleurs.

La contrepartie, c'est que mon nom de domaine est ce qu'il est d'une part, et qu'il est surtout inhabituel pour le quidam dans une adresse mail. En soit, il n'est pas trop compliqué car composé de deux mots existants intercalés par un tiret et qu'il est enregistré sur le TLD .fr . Toutefois, il est devenu de plus en plus rare de voir des adresses mail autres que celles fournies par gmail, yahoo et les FAI en général. Non content de présenter un problème de manque de diversité (la centralisation est énorme sur les services mail en général), cela renforce l'idée qu'une adresse mail doit forcement se terminer par un truc comme gmail.com, yahoo.fr, orange.fr, etc... Cela me pose parfois un problème lorsque je donne une adresse personnel de vive voix. Une fois l'étonnement de mon interlocuteur passé, vient le moment où il faut bien épeler le truc. C'est là qu'on peut avoir l'impression d'agacer alors même que ce n'est pas le but. Est-ce que je peux leur en vouloir individuellement ? Non bien entendu. L'environement global conduit massivement vers cela, c'est tout.

Fut un temps, je donnais encore une adresse yahoo dont les mails étaient redirigés vers l'une des boîtes mail sur mon serveur pour éviter de gêner mon monde sans doute. J'ai passé le cap et maintenant, je donne directement l'adresse sur mon domaine. Si c'est pénible, ce n'est pas mon problème. Moi, c'est l'adresse que j'utilise et que je consulte et ce n'est pas moins une adresse mail qu'une autre avec un nom de domaine plus commun. Une lubie de geek ? En partie au début probablement mais aujourd'hui non, je vois les choses de manière plus simple. L'outil est assez ouvert pour permettre à quiconque de le faire (comprendre "quiconque" par le fait que c'est techniquement possible et qu'il n'y a pas d'interdiction à le faire) et je pense que je suis la personne la mieux placée pour gérer mes serveurs mail. Finalement, mes adresses ne sont pas plus compliquées que celles proposées par les gros services de mail mais la complexité ne se retrouve pas au même endroit.

PhotoRec

Rédigé par -Fred- 1 commentaire

Je m'aperçois que je parle assez peu des outils que j'utilise ou que je découvre de temps à autre. C'est dommage de ne pas le faire, surtout quand ils méritent d'être connus.

J'ai récemment eu à récupérer des données sur une clé USB illisible. En cherchant un peu, je suis tombé sur l'outil PhotoRec (inclu dans l'outil TestDisk). Le logiciel est multiplateforme et côté Debian, il se trouve dans les dépôts. Un simple "sudo apt-get install testdisk" et le tour est joué.

Site officiel (wiki) : http://www.cgsecurity.org/wiki/PhotoRec_FR

Je ne vais pas refaire la doc ici car on trouve tout un tas de choses bien faites dans le wiki du projet (lien ci-dessus). A l'usage, l'IHM est rustique mais claire (tout se passe dans le terminal). L'outil permet de récupérer des fichiers sur un support même lorsque le système de fichier de celui-ci est endommagé.

Dans le cas concret auquel je faisait face, la clé USB avait été enlevée sauvagement probablement lorsque des données étaient en cours d'écriture dessus. Son contenu n'était plus accessible. Je voyais encore la clé (/dev/sdb) ainsi que la partition (/dev/sdb1) mais je ne parvenais pas à la monter. Grâce à PhotoRec, j'ai pu retrouver l'ensemble des données de la clé. La personne avait commencé à faire le deuil de ses données et était donc très heureuse de les retrouver toutes.

J'en ai profité pour proposer à la personne de réfléchir à la sauvegarde de ses données importantes parce que une clé USB n'est pas un support fiable. Le solutions sont nombreuses (et pas forcement que de dans le cloud). Accessoirement, ce genre de mésaventure rappel aussi à ceux qui en doute que même si c'est chiant, il faut toujours démonter proprement les supports amovibles avant de les retirer physiquement de la machine. Je dis ça, je dis rien...

Troll : c'est toujours les utilisateurs Linux qui ont des problèmes

Rédigé par -Fred- 6 commentaires

Je me suis pris récemment cette remarque de la part d'une personne : C'est toujours les utilisateurs Linux qui ont des problèmes avec ces fichiers, alors inutile de vous dire ce que je pense de Linux .... Quelques éléments de contexte viennent juste après, histoire de mieux cerner la phrase en question. J'ai d'abord voulu écrire un truc sur le coup mais j'ai préféré attendre un peu pour le faire plus posément. Ça me permet aussi d'élargir un peu ma perspective.

Sans donner trop de détails sur le contexte dans lequel on m'a fait cette remarque (ce n'est pas le propos), disons que je devais ouvrir un fichier vidéo realmedia et que je n'y parvenais pas sous ma Debian. Je me suis donc permis de signaler que le fichier présentait quelques problèmes dans le mesure où normalement, je pouvais ouvrir ce type de fichier avec mon système. Là où ça devenait rigolo, c'est que le fichier avait semble-t-il aussi posé des problèmes à d'autres utilisateurs sous Windows notamment. Pour la petite histoire, le fichier était effectivement tout pourri mais en le convertissant avec mencoder, j'ai tout de même pu le lire complètement (ce que j'avais aussi indiqué à celui qui me l'avait mis à disposition). Manifestement, les autres personnes sous Windows n'ont pas pu le lire complètement, eux...

Bref, ce qui est dur avec une telle remarque balancée comme ça, c'est qu'elle tombe comme une sentence de la part de personnes qui ont arrêté depuis longtemps de se poser des questions. Demander à tout le monde d'ouvrir un fichier à moitié corrompu et dans un format tout pourri, c'est vraiment avoir des œillères et ça montre un réel manque de capacité à se remettre en question.

Plus généralement, lorsqu'on tourne avec un système peu utilisé (en tout cas sur des postes utilisateurs), on doit régulièrement prouver que le problème lorsqu'il arrive ne vient pas de chez nous. Ensuite seulement on peut commencer à prendre l'ensemble des éléments du problème en compte. En soit, cette approche n'est pas déconnante puisque par défaut c'est bien de regarder en priorité la "brique" que l'on connaît le moins. Toutefois, il ne faut pas se tromper et être capable d'admettre que le problème peut aussi trouver son origine dans la brique la plus connue et potentiellement la plus éprouvée.

L'utilisateur GNU/Linux que je suis a donc pris l'habitude depuis longtemps de chercher et de se poser tout un tas de questions pour vérifier le bon fonctionnement de son propre système avant d'oser affirmer que le problème puisse être ailleurs. Les questions en particulier autour des formats de fichiers peuvent parfois encore être un peu pénibles de ce point de vue. Combien de fois en effet on ne se trouve pas embêté par des problèmes liés à un manque d'interopérabilité sur des formats de fichiers de traitement de texte ou entre des suites bureautiques bien connues ? La compréhension de tel ou tel comportement étrange passe par beaucoup de recherche dans la doc ou dans les discussions sur le web, par des phases d'expérimentation et de tests divers. Je ne connaît pas tout et je serai toujours loin de maîtriser à fond telle ou telle autre techno mais je pense que ma démarche est la bonne car je considère que je suis potentiellement la première source d'erreur (et ça se vérifie régulièrement).

On me fera remarquer, à juste titre, que ça demande du temps et que très franchement, la plupart des gens face à un problème ne font ou ne feront pas ça. Il y a tout un tas de bonnes raisons, respectables en plus. Mais, pour tous ceux qui sont dans ce cas là, merci de ne pas désigner de responsable comme ça, au doigt mouillé. Vous ne savez pas, même si vous en êtes intimement convaincus. Vous ne disposez d'aucun élément puisque vous ne les cherchez pas. Vous n'avez peut être même pas pensé que le problème puisse à cet instant précis être situé entre votre chaise et votre clavier. Si vraiment c'est important pour vous de trouver une solution et de comprendre ce qui se passe, il y a toujours de la doc à disposition et des gens prêt à vous aider si bien entendu vous y acceptez d'y mettre du votre. Mais autrement, ayez l'humilité de ne pas accuser quoi que se soit ou qui que se soit car en l'état ça vous dépasse.

Sinon, moi ça va... :D

L'enjeu derrière nos usages numériques

Rédigé par -Fred- 1 commentaire

J'ai eu récemment la chance de pouvoir faire une présentation de GNU/Linux à quelques personnes d'horizons variés et aux motivations diverses. J'avais bien entendu préparé mon intervention et j'avais prévu de pouvoir faire le grand écart afin de répondre à un éventail assez large de questions. En effet, je ne savais pas à l'avance qui j'aurais en face de moi.

La présentation s'est plutôt bien déroulée malgré un petit couac lorsque j'ai voulu présenter l'installation d'un système dans une machine virtuelle (l'effet Bonaldi, pour ceux qui se souviennent :p ). J'avais en outre prévu une petite présentation de l'historique ayant amené à la situation actuelle dans le logiciel libre en général, un focus sur ce qu'est une distribution GNU/Linux, un moment pour discuter de GNU/Linux au quotidien et un autre pour parler de quelques idées reçues.

Chose intéressante, et dont je veux parler dans ce billet, les interrogations de l'une des personnes venue assister à cette présentation. Il s'agissait d'un utilisateur Windows n'ayant pas apprécié la mise à jour quasi forcée vers Windows 10 et le côté intrusif de ce système, donc pas quelqu'un de spécialement technique à la base mais plutôt un utilisateur normal quoi. Un ami à cette personne lui avait conseillé d'installer (GNU/)Linux à la place parce que ce système protège la vie privée et qu'il ne décide pas tout seul de ce qui est bien pour vous.

En passant, j'étais un peu gêné car le système d'exploitation quel qu'il soit est capable de plein de choses, c'est sûr, mais il n'a pas directement vocation à protéger la vie privée de ses utilisateurs. Bon, dans le cas de Windows, la tendance va plutôt dans le sens opposé mais pour en revenir à GNU/Linux, même si cet environnement n'est pas curieux de nature concernant vos données, ce n'est qu'un outil. C'est votre usage de l'outil qui est le plus important là dedans.

L'idée que j'ai essayé de faire passer lors de cette présentation, c'est que l'enjeu important derrière nos usages numériques, c'est la confiance que l'on porte dans les systèmes que l'on utilise. Le mot "Confiance" est vraiment central. En fait, et c'est là ou je veux en venir, c'est qu'en fonction des outils qu'on utilise et des usages que l'on en a, on va tous consciemment ou non définir notre zone de confiance propre. Dans cette zone, on peut s'exprimer librement, expérimenter, penser quelque chose puis se dire que non, c'était une bonne grosse idée de merde, on peut avoir une certaine intimité, de la même manière que dans la vie réelle. Hors de cette zone, il y a tout ce qui est potentiellement public et que l'on peut donc vous reprocher ensuite. Par défaut, vous vous modérez, vous êtes prudent et vous montrez peut être même une nouvelle personne au monde qui vous entoure. Un être humain normal a besoin de ces deux zones.

Partant de là, la limite de la zone de confiance de l'utilisateur dont je parlais plus haut se situe à peu près entre ses mains et son clavier. C'est en tout cas se qui se passe à mon sens quand on ne peux pas faire confiance à sa propre machine car elle ne joue pas avec vous mais pour un autre. Comme dans la vraie vie, il me semble dangereux de ne plus avoir d'espace où avoir une vraie intimité. Une zone où cacher toutes ces choses auxquels on ne pense plus quand on prétend ne rien avoir à cacher par exemple. Agrandir et préserver cette zone demande de nombreux efforts mais c'est important et nécessaire. Tous ceux qui se cassent un peu la tête pour utiliser ou faire du logiciel libre, pour s'auto-héberger ou pour avoir un regard critique sur leurs pratiques en ligne ont probablement, consciemment ou pas, déjà fait ce constat bien avant moi.

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