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Une prise de recul inattendue

Rédigé par -Fred- 1 commentaire

Nous devenons probablement des champions du traitement de l'information, submergés que nous sommes par elle et de toutes parts. En contrepartie, il est amusant de constater que nous nous focalisons de plus en plus sur l'instant, l'immédiat, et que nous délaissons et jetons ce qui peut paraitre périmé, dépassé. Se faisant, on peut dire que l'on privilégie notre capacité de traitement à notre capacité de mémorisation.

Conscient de cela, je cherche à prendre du recul de diverses manières. Je lis plus volontiers qu'avant, avec une préférence pour ce qui peut me faire réfléchir et/ou me faire prendre du recul. Si vous me donnez le choix entre un livre d'histoire et une revue d'actualité, il est fort probable que je choisisse la première des deux options.

De mon point de vue, les numéros de "Manière de voir", édités par "Le Monde diplomatique", sont donc extrêmement intéressants. Prenez une thématique donnée, rassemblez un ensemble de textes plus ou moins récents qui traitent du sujet, et vous y êtes. J'ai eu envie de parler de l'édition "Manière de voir", numéro 133 de février/mars 2014, sobrement nommée "Souriez, vous êtes surveillés". Plus précisément, c'est l'un des articles qui m'a interpelé : Les "pièges liberticides" de l'informatique, de Louis Joinet.

Ce texte pourrait avoir été écrit très récemment mais il n'en est rien puisqu'il a été rédigé en 1979 !

Il y est question des risques liés à l'utilisation des nouvelles technologies vis à vis des libertés. Nombre de problématiques très actuelles y sont décrites (comme le profilage des individus, surveillance de masse, "cyber-guerre", les contre-pouvoirs face aux potentialités liberticides, ...), alors même qu'internet ne serait au mieux accessible pour le grand public "que" 20 ans plus tard.

A la lecture, si l'on a pas fait attention à la date de texte, seules quelques références peuvent paraitre étrangement anciennes, et encore. Le texte se concentre aussi sur les risques, vis à vis des libertés, inhérents à l'usage massif de l'informatisation par l'état. Ce point traduit la préoccupation de l'époque.

Je ne connaissais pas Louis Joinet non plus et pourtant, il a entre autre fait parti des fondateurs du syndicat de la magistrature et il fut le premier directeur de la CNIL (la première loi informatique et libertés date de 1978). C'est quelqu'un qui très tôt s'est intéressé à l'impact des technologies sur nos sociétés.

Pourquoi raconter tout cela ? Tout simplement parce que cela montre qu'il n'est pas nécessaire d'être né avec une technologie pour en comprendre les potentiels problèmes et risques. Le texte ma fait comprendre un peu mieux que les problèmes que peuvent poser les usages liés à l'informatique aujourd'hui sont bien plus universels qu'il n'y parait au premier abord.

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